Un océan de petits feux (ou comprendre l’Amérique latine en cinq chansons)

Eduardo Galeano aimait raconter l’histoire suivante : « Un homme de la région de Negua, sur la côte de la Colombie, a pu monter au ciel. À son retour, il a raconté, il a décrit ce qu’il avait contemplé, d’en haut, de la vie humaine. Il a dit que nous sommes un océan de feu. Le monde, c’est cela – révéla-t-il. Une foule de personnes, une mer de feu. Chaque personne brille de sa propre lumière au milieu de toutes les autres. Il n’y a pas deux feux semblables. Il y a de grands feux, il y a de petits feux, et des feux de toutes les couleurs. Il y a des gens qui sont des feux joyeux qui ne sont pas dérangés par le vent, et d’autres ayant un feu fou qui remplit l’air d’étincelles. Certains feux sont inutiles : ils n’éclairent ni ne réchauffent. Mais d’autres répandent la vie avec tant d’ardeur qu’on ne peut les regarder sans être ébloui et quiconque les approche s’enflamme »

Galeano a décrit de cette manière le monde, je voudrais utiliser ce même récit pour décrire un monde récemment découvert, à peine 500 ans, l’Amérique.

Eduardo Galeano précisait que l’Amérique latine était incompréhensible pour les pays « d’en haut », c’est-à-dire les États-Unis et l’Europe d’occident, parce qu’ils nous observaient comme un ensemble. Il disait que pour comprendre l’Amérique il fallait, d’abord, comprendre les singularités.

Lorsque Gabriel García Márquez a reçu le prix Nobel de littérature en 1982, dans son discours et de façon très humble, il a  assuré que ce n’était pas lui qui recevait le prix Nobel, qu’il voulait croire que c’était la réalité hors commun de l’Amérique latine et son expression littéraire qui remportaient le prix ce soir et cette année-là.

Oui, ces deux grands de notre Amérique l’ont déjà dit, notre richesse réside dans la réalité extraordinaire qu’en 1492  les moines espagnols ont été incapables d’exprimer parce que dans leur langue les mots, pour décrire ce nouveau et incroyable monde, n’existaient pas. Notre richesse réside dans le sentiment de fraternité entre tous les pays, malgré et grâce aux singularités. Notre richesse est l’acceptation et l’empathie pour nos différences. C’est, nous savoir indépendants, mais unis contre l’injustice. Nous sommes unis par une langue, unis par cette nature extraordinaire, mais peut-être, le plus, unis à travers  la musique.

Quels sont les musiciens et chanteurs qui représentent la diversité en  Amérique Latine?

Voici les cinq neuf  chanteurs les plus influents du moment en Amérique latine et leur musique.

Enrique Iglesias, Gente de Zona et Descember Bueno

Dans ce cas là, Descember Bueno représente le Cuba. Musicien diplômé du conservatoire en guitare classique, Descember avait une solide carrière dans son pays. Très apprécié sa musique et lui-même par les Cubains, ce couple de chanteurs fait vraiment anthologie de deux choses qu’en Amérique on fait bien : la fête et la danse !

« Je te regarde et je perds mon souffle, quand tu me regardes mon cœur monte, je ralentis les battements de cœur et dans le silence ton regard dit mille mots et j’en supplie la nuit pour que le soleil n’arrive pas »

 

  1. Juan Luis Guerra et Luis Fonsi

Guerra est un musicien dominicain influencé par les rythmes des Caraïbes comme le merenque et la bachata. Il a vendu des millions d’albums et a remporté de nombreux Grammy Latino. Ses textes parlent souvent de l’injustice sociale, l’amour, de la profondeur sur la condition humaine.Luis Fonsi, musicien aussi, né à Puerto Rico également lauréat Latin Grammy, a  consacré ces dernières années à faire des duos de tous les goûts : David Bisbal, Olga Tañon, Sin Bandera et Aleks Syntec

« A partir du moment où tu es arrivé, les silences me murmurent, les fleurs renaissent, le soleil monte à peine, ils rient de l’hiver. A partir du moment où tu es arrivé nous avons triché le temps. Ma guérison sont tes bras, je te soupire une chanson qui me berce avec le vent »

 

  1. Shakira et Maná

Pour Shakira comme pour Enrique Iglesias, vous n’avez pas besoin de présentation. Par contre pour Maná vous devez savoir que c’est un groupe mexicain de rock qui s’est formé à la ville de Guadalajara en 1985. Il est composé de Fernando Olvera ( guitare et chant harmonique rythmique), Juan Calleros (Bass), Alejandro González (batterie et chant) et Sergio Vallin (guitare et chant).

Le groupe a remporté quatre Grammy, sept Grammy latino, cinq MTV Video Music Awards, quinze Billboard Latin Music Awards. Ils ont remporté de nombreux prix pour leur travail au nom de l’écologie. Le son du groupe est basé sur pop rock, rythmes latins, rock latin et le rock en espagnol. Maná a vendu plus de 40 millions d’albums à travers le monde.

 

« Il y a des mensonges dans les lèvres. Il y a des mensonges sur la peau, quelle douleur. Il ya des mensonges, il y a des amants que, pour des instants, ils mettent notre vie à trembler »

 

 

 

 

  1. Calle 13

Calle 13 est un groupe de rap rock de Puerto Rico, dirigé par René Pérez Joglar, alias Residente, et son frère Eduardo Cabra Martinez, alias client. René est un chanteur, compositeur et producteur, tandis qu’Eduardo est un compositeur, directeur musical et piano multi-instrumentiste, mélodica, guitares électriques, entre autres. La demi-sœur de deux, Ileana Cabra Joglar, alias PG-13, est la voix féminine du groupe.

Le groupe est connu pour son style musical éclectique, qui mélange rap, rock, ska, merengue, bossa nova, la musique des Balkans, le folklore latino-américain, la cumbia colombienne, de la salsa, afrobeat, styles électroniques, y compris d’autres, souvent en utilisant des instruments non conventionnels. Au début, la bande a été décrite comme un groupe de reggaeton, mais rapidement ils ont pris distance de ce style. Le groupe est également connu pour ses textes satiriques et un commentaire social sur les questions de la culture et de la politique de l’Amérique latine et les affaires du monde.

Je sais que mes rimes causent parfois ton malheur,

quand mes neurones fonctionnent moi-même j’ai peur

Mes réponses peuvent être si agressives,

Que même les paroles s’en fuient

Parce qu’elles ont peur que je les écrive

Je n’ai pas de fusils pour te tuer

Je transforme les lettres en idées comme un illusionniste

Dans une ligne, je te tue je te  fracture

Et dans la suivante je te ressuscite quand je te mentionne.

Cela fait parti de mon art.

 

 

 

  1. Lila Downs

Ana Lila Downs Sánchez connu comme Lila Downs est né le 9 Septembre 1968 à  Oaxaca, Mexique. Chanteuse, interprète, compositeur, producteur de disques, actrice. Elle chante en espagnol et en anglais, elle joue également des mélodies dans différentes langues indigènes de son pays, mixtèque et Zapoteque ainsi que Maya, Nahuatl et Purepecha. Elle Réclame ses racines mexicaines et autochtones.

En 2009 Downs, avec l’actrice Salma Hayek, elle a représenté le Mexique dans une campagne mondiale transmise pour Fondation One Drop, pour la préservation de l’eau avec le fondateur du Cirque du Soleil, Shakira, U2, le vice-président Al Gore et d’autres personnalités de classe mondiale. Le 22 Avril 2012 Lila participe avec d’autres musiciens mexicains à l’initiative mondiale « Playing for Change » projet qui a réuni des centaines d’artistes de différentes cultures afin de créer la paix à travers la musique et qui vise à célébrer la diversité culturelle et promouvoir la réconciliation sociale dans un mouvement multimédia qui aimerait briser les barrières mondiales et connecter les gens de toutes les races.

Je cherche d’où je viens, ce que j’ai raté, je cherche d’où je viens, voici mes racines.

Que vais-je devenir, si tu n’es pas là, je viens avec un rêve, que j’ai toujours pensé,

Si tu n’es pas ici, près de moi, pour que tu me gardes et je sois capable de continuer.

Je veux être là, si l’île dort, je regarde les vagues lorsque la mer se réveille et apportez ton air dans mon sang.

Pour me donner le temps, le rythme et la profondeur, une voix assoiffée pleine d’émotion

Je l’apporte ce soir, la racine de ma terre, j’apporte les versets des personnes qui rêvent, je vous donne la saveur

Et le goût de ma terre.

 

 

 

 

 

Cadeau

Mariana Vega est née à Caracas, au Venezuela, a passé un certain temps à Mexico et réside maintenant à Miami. Elle a remporté le Grammy Latino 2014 pour « Best New Artist »

Elle possède une voix extraordinaire, douce presque poétique. Le  caractère unique de cette vidéo, c’est qu’elle se déroule dans l’un des quartier les plus populaires et impénétrables de Mexico « Tepito » et a été produit par Alejandro Lozano jeune metteur en scène reconnu mexicain.

 

2 commentaires Ajoutez le votre

  1. willfonkam willfonkam dit :

    Merci pour cette playlist diversifiée et très recherchée. J’ai beaucoup aimé cette découverte musicale. Surtout le cadeau, c’est une chanson magnifique. Gracias 🙂

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