Tu piges Oncle Sam? (I)

oscarLa Cérémonie des Oscars, au-delà du prix aux  meilleurs films de la cinématographie « mondiale », elle représente, pour les États Unis et d’autres pays, le rêve américain. Elle représente fidèlement la société américaine où l’on est ce que l’on possède, ce que l’on peut acheter. Elle représente toutes ces ethnies arrivées tout au long du XXe siècle, les Chinois, les Indiens, les Espagnols, les Mexicains qui vont à la recherche du rêve américain et qui se joignent à cette société de consommation où l’achat de biens matériaux  est une affirmation de soi. Combinaison parfaite  de société de consommation et de divertissement de masse en une nuit. La nuit des oscars, cérémonie vive représentation de cette société de «liberté» où le racisme continue à exister tous les jours, cette société de richesse mais de surendettement, de richesse mais de pauvreté de valeurs.

 

Le 22 février, dimanche soir, lors de la cérémonie il s’est passée  quelque chose d’extraordinaire, le film « Birdman » gagnait quatre statuettes en une nuit, le metteur en scène, un mexicain : Alejandro González Iñarritu qui, avec une solide expérience au Mexique, a décidé d’essayer le miel du rêve américain et l’a réussi au plus haut sommet. Le fait remarquable ne s’arrête pas  là, l’extraordinaire représente son discours d’acceptation devant toute la nation américaine et plus de 225 pays, Iñarritu a demandé une prière pour un meilleur gouvernement pour son pays et un traitement digne pour les immigrants qui vont travailler aux Etats- Unis.

Iñarritu a non seulement remporté le rêve américain mais a prié aussi pour ceux qui traversent la frontière chaque jour dans la recherche de meilleures possibilités d’emploi et qui sont maltraités, battus et même tués dans la tentative. C’est-à-dire qu’il a atteint le sommet de la montagne du succès que représente les États-Unis et y a mis le drapeau mexicain, avec le même sentiment de fierté que les Américains ont mis leur petit drapeau sur la surface de la Lune. Le Mexique le sentait comme ça.

 

Pendant  que les médias français, britanniques et espagnols analysaient les éléments qui  faisaient  de Birdman un bon film comme  le scénario, l’éclairage, la musique, etc., les médias mexicains ne commentaient que  le message du discours d’acceptation.

La frontière américain-mexicaine a 3152 km de long. Pendant la Seconde Guerre mondiale les États-Unis ont créé le programme «braceros» (1942-1964) où on demandait des immigrants par leurs bras, pour aider (bras-braceros) et ont fourni du travail remplaçant les personnes mobilisés aux fronts de guerre. Après la guerre, le flux d’immigrants sans papiers reste l’un des plus grands problèmes sociaux auxquels sont confrontés les deux pays.

Et peut-être l’une des questions, parmi plusieurs, qui devraient être  abordées dans ce flux complexe de personnes à la recherche de meilleures opportunités, peut-être la plus complexe à discuter et à mettre sur la table serait le nombre de Mexicains qui sont enlevés, assassinés dans la frontière quand ils ne paient pas le montant exigé par les «coyotes» trafiquants.

Qui a permis que tout cette quantité de gens qui ne cherchent que de possibilités d’emploi soient violées et assassinées après que leurs familles ont rempli d’argent les comptes bancaires de coyotes? Environ 2000 dolars par personne. Qui gère cette série de corruption? Qui gagne une telle quantité d’argent avec ce trafic? Pourquoi aucun des deux pays ne fait rien pour lutter contre ce phénomène? Phénomène digne d’analyser tout au long des semaines à venir.

 

Iñarritu

 

Je dédie ce prix à mes compatriotes, ceux qui vivent au Mexique et ceux qui vivent dans ce pays (…) Je prie pour qu’ils soient traités avec la même dignité et respect que ceux qui les ont précédés dans cette nation incroyable d’immigrants

Tu piges oncle Sam ?

 

 

Bien que la cage soit d’or, elle continue à être une prison.

A continuer….

6 commentaires Ajoutez le votre

  1. willfonkam willfonkam dit :

    Un grand homme en effet, qui a su garder la tête froide et les idées claire malgré tout le succès qu’il a eu lors de cette cérémonie.

    1. Rocio Ávila Rocio Ávila dit :

      C’est vrai, avant la remise de prix, au tapis rouge, les médias commentaient l’incroyable calme de Alejandro G. Iñarritu qu’il a conservé tout au long de la cérémonie, heureusement il a su l’utiliser.

  2. djifa dit :

    Beaucoup ici ne pigent pas encore, malheureusement. Non plus la blague de Sean Penn avant la remise de l’Oscar a AGI. Ils se moquaient bien sur de ceux la meme, les autres « SoBs », qui ne comprennent pas que les immigrants enrichissent la nation americaine, et par extrapolation dans le cas d’AGI, l’humanite. Belle critique.

  3. renaudoss renaudoss dit :

    ça me fait penser à Martin Luther King quand il disait avoir monté la montagne et vu la terre promise… sauf que dans ce cas là, les USA sont loin d’être la terre promise. Il est clair qu’on pourrait en dire beaucoup, et plus sérieusement, sur ce système pernicieux qui règne dans l’aire de l’Uncle Sam. Et non, je ne crois pas qu’il ait pigé grand chose.

  4. Rocio Ávila Rocio Ávila dit :

    C’est le pire Renaud, qu’on parle à des sourds et en plus muets. C’est sûr qu’il reste à en dire encore beaucoup, C’est pour ça que j’ai mis (I) c’est la première partie d’une dénonce que je pensais écrire avant même la cérémonie, on m’a donné le prétexte idéal.

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